Rues et places de Bastia

Rue César Vezzani

Carrughju Vezzani

Origine du nom

La rue porte le nom de César Vezzani (Bastia, 1888 - Marseille, 1951), ténor, l'un des interprètes majeurs du grand opéra français de la première moitié du XXe siècle. C'est une commémoration culturelle, et un cas presque unique dans la ville : la rue honore un artiste populaire, né pauvre dans le quartier Saint-Joseph, dont la célébrité s'est faite hors de l'île et dont la fin fut misérable. Elle ne commémore ni un pouvoir, ni une famille, ni une institution. La forme corse de la plaque, relevée dans la Base Adresse Nationale, est Carrughju Vezzani. Le prénom y disparaît, ce qui est le propre d'un nom entré dans l'usage : on n'a pas besoin de préciser lequel. Éponyme : César Vezzani (1888-1951) Nom corse : Carrughju Vezzani Type de nom : commémoration culturelle Lien avec Bastia : né quartier Saint-Joseph, inhumé dans la ville Surnom : le merle blanc Nom antérieur : à rechercher

Une rue ordinaire du sud de la ville, sans monument ni façade remarquable. Elle porte le nom d’un enfant de Bastia devenu l’une des grandes voix européennes de son siècle, et mort presque sans rien.

Contexte historique

Saint-Joseph, 1888

César Vezzani naît à Bastia le 8 août 1888, dans le quartier Saint-Joseph. Son père meurt peu avant sa naissance. La famille quitte l’île pour Toulon peu après 1900, et l’on ne sait presque rien de sa formation musicale des premières années.

En 1908, il monte à Paris pour étudier le chant. Il y est formé par la soprano corse Agnès Borgo. Il débute sur scène à vingt-trois ans, et le succès est immédiat.

La voix

Vezzani devient l’un des interprètes majeurs du grand opéra français pendant plusieurs décennies. La puissance et la couleur héroïque de son timbre le désignent pour les rôles lourds, sans qu’il abandonne jamais le répertoire lyrique.

Dès 1912, la firme Odéon grave sa voix : des extraits de Paillasse, de Tosca, de Werther. Ces enregistrements existent toujours, et c’est par eux que l’on peut encore l’entendre. Il chante à l’Opéra-Comique, mais jamais à l’Opéra de Paris.

La chute

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il passe du temps en Afrique du Nord et chante fréquemment à Alger. Il reste ténor principal à Toulon jusqu’en 1948, où un accident vasculaire cérébral le laisse paralysé.

Il rentre à Bastia. Sans revenu, il passe ses trois dernières années dans la pauvreté, aidé par la générosité de quelques amis. Il meurt à l’hôpital de Marseille le 11 novembre 1951 et repose à Bastia.

Sa tombe était restée modeste, dans une contre-allée du cimetière. En 2013, une souscription lancée par le Cercle lyrique bastiais lui offre une sépulture de marbre noir aux lettres d’or, dans l’allée principale. Soixante-deux ans après sa mort, la ville répare quelque chose.

À voir sur place

  • La plaque bilingüe
    Elle porte Carrughju Vezzani. Le prénom disparaît dans la version corse : l’usage local n’a jamais eu besoin de préciser lequel des Vezzani.
  • La statue, ailleurs
    Elle ne se trouve pas ici mais rue César Campinchi, en plein centre. Deux hommages à deux endroits différents, et aucun des deux ne renvoie à l’autre.
  • L’écart entre le nom et le lieu
    Une voie modeste du sud pour une voix qui remplissait les salles d’Europe. Comparez avec le boulevard donné à Paoli : la hiérarchie des rues dit celle des mémoires.
  • Le cimetière
    Sa sépulture de 2013 se trouve au milieu de l’allée principale, marbre noir et lettres d’or. Elle vaut le détour pour ce qu’elle dit d’une réparation tardive.

Situer le lieu

Dans le sud de la ville, à l’écart des circuits du centre. Vingt-quatre adresses y sont recensées.

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Coordonnées

42.6900 N   9.4471 E

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Sources

Base Adresse Nationale, voie 2B033_0410, forme corse de la plaque Notices biographiques Vezzani, presse corse Cercle lyrique bastiais, souscription de 2013 Enregistrements Odéon, 1912-1914 DIVERGENCES DE SOURCES : la date de naissance est donnée 1888 par la plupart des notices, 1886 par certaines. Agnès Borgo est présentée tantôt comme son professeur, tantôt comme son épouse. Le surnom d'Empereur des ténors attribué au tsar Nicolas II relève de la tradition orale et n'est pas établi. À COMPLETER : délibération de baptême et date ; nom antérieur de la rue ; quartier administratif exact

À vérifier. Les dates et attributions de cette fiche n’ont pas encore été recoupées avec les fonds d’archives.