Rues et places de Bastia

Parcours dans la ville

Des enchaînements de fiches conçus pour se marcher. Chacun suit un fil : une époque, un style, une logique urbaine.

Pour une première visite

Une heure, l'essentiel

1 h à pied, montée finale5 etapes

Si vous n'avez qu'une escale, ces cinq arrêts suffisent à comprendre comment Bastia s'est faite : le bassin d'abord, la ville marchande ensuite, la ville du pouvoir tout en haut.

  1. Le Vieux-PortCommencez par l'eau. Tout part de cette anse, et le meilleur cadrage se prend depuis la jetée.
  2. Place du MarchéCent mètres plus loin, la ville des marins et des marchands. Le matin, les étals.
  3. Église Saint-Jean-BaptisteEntrez, puis ressortez, puis rentrez encore : l'écart entre la façade nue et l'intérieur baroque est le sujet de l'édifice.
  4. La CitadelleLa montée commence. Passez par le jardin Romieu si vous avez dix minutes de plus.
  5. Église Sainte-MarieTerminez par la ville haute, là où Gênes gouvernait la Corse.

Accessible

Sans une marche

1 h, sans dénivelé7 etapes

Bastia est une ville de pentes et d'escaliers, ce qui en écarte beaucoup de monde. Cet itinéraire reste de plain-pied du début à la fin, praticable en fauteuil ou avec une poussette.

  1. Place Saint-NicolasVaste, plate, ombragée. Bancs nombreux, cafés avec terrasses de plain-pied.
  2. Avenue Émile SariDans le prolongement de la place, trottoirs larges et pente nulle. Commerces de proximité, bancs, terrasses.
  3. Boulevard PaoliTrottoirs larges et rectilignes. C'est l'axe le plus confortable de la ville.
  4. Rue César CampinchiRue commerçante et plate. Trottoirs plus étroits : préférez les heures creuses.
  5. Rue NapoléonPartiellement piétonne. Les deux oratoires ont des seuils : vérifiez avant d'entrer.
  6. Place du MarchéSans marche depuis la rue Napoléon. Terrasses et marché du matin.
  7. Le Vieux-PortLes quais se longent de plain-pied. Ne montez pas vers la citadelle : l'accès se fait par escaliers.

Récit

Qui donne leur nom aux rues ?

Chì dà u nome à e strade ?1 h 45 à pied7 etapes

Un nom de rue n'est jamais neutre. Six arrêts, six manières de nommer un lieu, et à chaque fois la même question : qui décide, à quel moment, et au nom de quoi ? De la ville qui hérite ses noms à celle qui les proclame.

  1. CardoPersonne ne l'a choisi. Le nom était là avant la ville, et la ville a fini par l'absorber.
  2. Place du MarchéC'est l'usage qui nomme. Le plus solide des noms : il a survécu à tous les régimes, là où l'hommage officiel s'appelle aussi place de l'Hôtel-de-Ville sans que personne ne le dise.
  3. Oratoire Sainte-CroixC'est la confrérie qui nomme. Un pouvoir qui n'est ni municipal ni royal, mais qui encadrait la vie de tout un quartier.
  4. Place GuascoC'est le voisinage qui nomme. Une famille, un hôtel particulier, et la place prend le nom de celui qui la borde. Le pouvoir social sans décret.
  5. Le Jardin RomieuC'est l'administration qui nomme. Un préfet, une décision, un nom apposé sur un espace qui n'en avait pas. L'État s'installe dans la ville.
  6. Boulevard PaoliC'est la politique qui nomme. Donner l'artère principale au père de la nation corse, dans une ville qui fut génoise puis française, n'est pas un hommage : c'est une prise de position.
  7. Boulevard Auguste GaudinEt pour finir, une rue qui a porté les trois registres à elle seule : Traverse royale, puis boulevard Sant'Angelo, puis Auguste Gaudin en 1920.

Récit

Où l'on se rassemble

45 min à pied3 etapes

Trois places, trois sociétés. Une ville ne se rassemble jamais partout de la même façon, et la forme d'une place dit qui était censé s'y tenir.

  1. Place Saint-NicolasLa place civique du XIXᵉ siècle : démesurée, ordonnancée, ouverte sur la mer. Conçue pour être vue autant que pour être vécue.
  2. Place du MarchéLa place populaire : née d'un vide entre les maisons, sans plan, dimensionnée par l'usage. Personne ne l'a dessinée.
  3. Place GuascoLa placette des notables : minuscule, à l'écart, bornée par des hôtels particuliers. On s'y rassemblait entre soi.

Récit

Du village à la ville

Da u paese à a cità2 h, transports conseillés6 etapes

Cardo dominait le rivage, Lupino l'a débordé : six siècles de bascule entre la hauteur et la plaine.

  1. Cardo
  2. Le Vieux-Port
  3. Place du Marché
  4. Lupino
  5. MontesoroAu-delà de Lupino, le quartier des équipements : l'hôpital, les lycées, la gare. La ville déplace ce qu'elle ne peut plus loger.
  6. Le FangoEt l'autre direction, côté montagne : la vallée d'un ruisseau devenue le quartier de l'administration.

Récit

Le 4 octobre 1943

1 h 15 à pied4 etapes

Le matin où les bombes tombèrent sur une ville que l'ennemi avait déjà quittée. Quatre arrêts pour suivre ce que la journée a détruit, ce qu'elle a épargné, et le temps qu'il a fallu pour relever chaque chose.

  1. Église Notre-Dame-de-LourdesCommencez par l'édifice qui a choisi de garder sa blessure : un éclat d'obus est fixé au mur. Rendue au culte dès 1946.
  2. Le Théâtre municipalMême bombardement, tout autre destin : la toiture s'effondre, et la salle ne rouvrira qu'en 1981. Trente-huit ans d'écart avec l'église.
  3. Place GuascoDans la citadelle, les façades reconstruites se distinguent des autres pour qui compare les appareillages. Les cicatrices sont là, discrètes.
  4. LupinoLa conséquence à long terme : sept cents immeubles touchés, une crise du logement, et la ville qui part vers le sud.

Récit

La ville qui chantait en italien

1 h 15 à pied4 etapes

Bastia est française depuis 1768, mais elle a écrit, chanté et bâti en italien bien plus longtemps. Quatre arrêts pour suivre une fidélité culturelle que la politique n'a jamais tout à fait effacée.

  1. Rue Salvatore VialeLe premier écrivain à faire entrer le corse en littérature, en 1817. Son œuvre est écrite en italien, et il défendit cette langue toute sa vie.
  2. Le Théâtre municipalUn opéra à l'italienne, conçu par un architecte italien sur un dérivé de la Scala de Milan, dans une ville française depuis un siècle.
  3. Place GuascoUn Guasco dessina en 1835 un projet de théâtre que le préfet jugea trop ambitieux. La place porte le nom de la même famille.
  4. Rue César VezzaniEt la voix : un enfant de Saint-Joseph devenu grande figure du grand opéra, gravé sur disque dès 1912.

Fil historique

Sur les pas des Génois

Nant'à i passi di i Genuvesi2 h à pied5 etapes

De la tour de 1380 au bassin qu'elle protégeait : comment une bastille a fabriqué une ville.

  1. La Citadelle
  2. Le Palais des Gouverneurs
  3. Église Sainte-Marie
  4. Le Vieux-Port
  5. Cardo

Fil thématique

Bastia baroque

Bastia baroca1 h 30 à pied4 etapes

Marbres, damas et stucs dorés. Le baroque insulaire dans quatre édifices, du plus vaste au plus intime.

  1. Église Saint-Jean-Baptiste
  2. Oratoire Sainte-Croix
  3. Rue Napoléon
  4. Église Sainte-Marie

Fil historique

Le XIXᵉ siècle bastiais

L'Ottucentu bastiacciu1 h à pied6 etapes

Quand Bastia sort de ses murs : esplanades, boulevards et jardins publics d'une ville qui se veut préfecture.

  1. Place Saint-Nicolas
  2. La statue de Napoléon IᵉrInaugurée en 1854 : la ville se dote d'un monument impérial au moment où elle s'ouvre sur la mer.
  3. Boulevard Paoli
  4. Le Jardin Romieu
  5. L’escalier RomieuLe seul franchissement composé de la ville, rendu possible par la désaffectation du glacis militaire.
  6. Le Théâtre municipalUn opéra à l'italienne dans une ville française : le siècle finit sur cette contradiction assumée.

Points de vue

Bastia par le haut

2 h, transports conseillés pour Cardo5 etapes

Quatre arrêts où la ville s'explique par le regard plutôt que par le texte. À chaque fois, cherchez d'abord la ligne où le relief rencontre la mer : elle commande tout le reste.

  1. CardoLe plus éloigné et le plus parlant : tout le site de Bastia se lit d'un coup, l'étroitesse de la bande côtière comprise.
  2. Le Jardin RomieuÀ mi-hauteur, le cadrage plongeant sur le bassin et les deux clochers. Fin d'après-midi de préférence.
  3. L’escalier RomieuLa montée fait partie du point de vue. Arrêtez-vous au palier de jonction et retournez-vous.
  4. La CitadelleDepuis les courtines, la Tyrrhénienne d'un côté, les toits de la ville basse de l'autre.
  5. Le Palais des GouverneursLa terrasse du musée ferme le parcours. Par temps clair, l'archipel toscan.