Rues et places de Bastia

Église Notre-Dame-de-Lourdes

A Madonna di Lourdes

Origine du nom

Le vocable renvoie aux apparitions de Lourdes, en 1858. C'est un choix révélateur : les églises anciennes de Bastia portent des vocables de tradition italienne et génoise, Saint-Jean-Baptiste, Sainte-Marie, Sainte-Croix. Notre-Dame-de-Lourdes est le premier à renvoyer explicitement à une dévotion française et contemporaine. Bâtie à partir de 1913 pour desservir les quartiers nord nés autour du port de commerce, l'église arrive au moment où la ville bascule culturellement. Son style néo-gothique, étranger à toute la tradition bâtie de l'île, dit la même chose que son nom. La grotte de la Vierge qui dominait le chœur donne au vocable une présence matérielle. Elle traversa intacte le bombardement de 1943, ce qui ancra durablement la dévotion. Nom corse : A Madonna di Lourdes Vocable : Notre-Dame de Lourdes, apparitions de 1858 Type de nom : vocable religieux contemporain Construction : à partir de 1913 Style : néo-gothique Destruction partielle : bombardement du 4 octobre 1943 Réouverture au culte : 30 juin 1946 Adresse : 1 rue José Luccioni

Face au port de commerce, un écrin néo-gothique qu’on atteint par un escalier. À l’intérieur, un éclat d’obus est fixé au mur. C’est le seul édifice de Bastia qui expose délibérément sa blessure.

Contexte historique

Une paroisse pour la ville neuve

L’édifice est élevé à partir de 1913, dans un style néo-gothique qui tranche avec tout ce que Bastia avait bâti jusque-là. Les églises de la ville ancienne sont baroques ou classiques, de tradition italienne ; celle-ci emprunte son vocabulaire au Moyen Âge français.

Le choix n’est pas anodin. La ville s’étend alors vers le nord, autour du port de commerce creusé au siècle précédent, et il lui faut une paroisse. Elle la dote d’une église dont le style dit l’appartenance française, là où Saint-Jean-Baptiste disait encore Gênes.

Le 4 octobre 1943, huit heures

Ce matin-là, l’aviation américaine bombarde le port de Bastia. Les troupes allemandes ont déjà quitté la ville. Le bombardement frappe une cité que l’ennemi a évacuée, et qui se croyait sauve.

Les pertes civiles approchent le demi-millier de tués et de blessés ; plus de sept cents immeubles sont touchés. Bastia entre dans une longue crise du logement, dont Lupino et Montesoro seront la réponse.

L’église reçoit de nombreux projectiles. Mais la grotte de la Vierge qui dominait le chœur reste intacte au milieu des décombres. Les paroissiens y virent un signe ; l’historien y verra un hasard de trajectoire. Les deux lectures ont cohabité sans se contredire.

Rendue au culte en 1946

La reconstruction est menée vite, contrairement à celle du théâtre, qui attendra trente-huit ans. L’église est rendue au culte le 30 juin 1946, moins de trois ans après le bombardement.

La comparaison est instructive : dans une ville dévastée, on relève d’abord ce qui rassemble tous les jours. Le lieu de culte passe avant le lieu de spectacle.

À voir sur place

  • L’éclat d’obus
    Fixé au mur, à l’intérieur. Ce n’est pas un oubli mais une décision : la paroisse a choisi de garder la trace des combats plutôt que de l’effacer. Cherchez-le, rien ne le signale.
  • La grotte de la Vierge
    Celle qui dominait le chœur et traversa le bombardement. Elle est la raison d’être du vocable et le cœur de la mémoire du lieu.
  • Le vocabulaire néo-gothique
    Arcs brisés, verticalité, vitraux. Sortez ensuite et allez à Saint-Jean-Baptiste : quatre siècles et deux cultures séparent les deux édifices.
  • L’escalier d’accès
    L’église ne se donne pas de plain-pied. La montée fait partie de l’approche, comme souvent à Bastia.
  • Les témoins antérieurs à l’édifice
    On signale à l’intérieur une peinture du XVIIe siècle. Dans une église de 1913, un tel objet vient forcément d’ailleurs : cherchez ce qui détonne par rapport à l’ensemble.

Situer le lieu

1 rue José Luccioni, face au port de commerce, au nord de la place Saint-Nicolas. Accès par escalier. Ouverte tous les jours.

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Coordonnées

42.7030 N   9.4528 E

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Sources

Journées européennes du patrimoine, visite guidée de l'église, Cità di Bastia Diocèse de Corse, unité paroissiale Notre-Dame-de-Lourdes Archives municipales de Bastia, dossiers de reconstruction SOURCES À CONSOLIDER : la date de 1913, le bilan d'environ 500 victimes et 724 immeubles touchés, ainsi que la présence d'une peinture du XVIIe siècle classée, proviennent de sources locales secondaires et demandent confirmation en archives. À COMPLETER : architecte de l'édifice ; identité de José Luccioni ; emplacement précis de l'éclat d'obus

À vérifier. Les dates et attributions de cette fiche n’ont pas encore été recoupées avec les fonds d’archives.