Au sud de la ville, sur un peu plus de deux kilomètres carrés, un quartier que la plupart des visiteurs ne verront jamais et où vit pourtant une part considérable des Bastiais. Montesoro concentre ce que le centre historique n’a pas pu accueillir : l’hôpital, les lycées, le collège, et des milliers de logements.
Contexte historique
Montesoro relève de la même logique que Lupino, son voisin immédiat : la ville ancienne est saturée, le relief interdit l’extension vers l’ouest, et le sud plat devient le seul espace disponible. L’urbanisation s’y fait au XXe siècle, sous forme de grands ensembles.
Mais là où Lupino est d’abord un quartier d’habitation, Montesoro devient un quartier d’équipements. C’est ici que la ville déplace ce qu’elle ne peut plus loger ailleurs.
Le déménagement de l’hôpital
L’hôpital de Bastia se trouvait à Toga, au nord. Son transfert à Montesoro déplace le centre de gravité sanitaire de la ville d’un bout à l’autre du territoire communal. L’ancien site de Toga n’est pas abandonné pour autant : il conserve le pôle de psychiatrie et de gériatrie, ainsi qu’un établissement pour personnes âgées dépendantes.
S’y ajoutent les grands établissements scolaires : lycée technique, lycée professionnel, collège. Un adolescent bastiais a de fortes chances de passer par Montesoro, quel que soit le quartier où il habite.
Une centralité qui ne dit pas son nom
Halte ferroviaire sur la ligne de Bastia à Ajaccio, commerces nombreux, parc public, église paroissiale : Montesoro dispose de tout ce qui fait une ville. On continue pourtant de le désigner comme un quartier périphérique, par rapport à un centre historique qui ne rassemble plus, lui, qu’une fraction de la population.
Sur les hauteurs qui le dominent court l’ancienne route Impériale, qui contournait la ville par les crêtes, et le quartier résidentiel de Paese Novo. Le rapport entre la hauteur et la plaine, qui structure Bastia depuis Cardo, se rejoue ici une dernière fois.
À voir sur place
- L’église Saint-Pierre
D’architecture contemporaine, elle tranche franchement avec les édifices religieux de la vieille ville. Comparez-la à Saint-Jean-Baptiste : quatre siècles séparent deux façons de bâtir une paroisse. - Le parc
Rare espace vert d’ampleur à Bastia, aménagé sur une ancienne propriété. Cherchez les arbres fruitiers subsistants : ils témoignent de ce qu’était ce terrain avant la ville. - La halte ferroviaire
Un arrêt de la ligne Bastia-Ajaccio en plein tissu urbain. L’accès est malaisé et mal signalé : c’est en soi une information sur la place accordée au train dans la ville. - Le cimetière militaire allemand
À proximité. Un lieu de mémoire de la Seconde Guerre mondiale que rien ne signale sur les circuits touristiques. - L’échelle bâtie
Barres et tours des années 1960 et 1970. Observez la place laissée au sol entre les bâtiments : c’est l’inverse exact de Terra Vecchia, où le bâti occupe tout.
Situer le lieu
Au sud de la commune, au-delà de Lupino. Desservi par les lignes de bus urbaines et par la halte ferroviaire de Montesoro. Superficie d’environ 2,3 kilomètres carrés.
Poursuivre à côté
- Lupino, son voisin et son aîné dans l’urbanisation du sud.
- Cardo, l’autre bout de l’histoire : le village qui précédait la ville.
- La Citadelle, pour mesurer l’écart d’échelle et d’époque.