Rues et places de Bastia

Origine du nom

L'escalier partage son nom avec le jardin qu'il traverse, et donc son éponyme : Auguste Romieu, préfet de la Corse dans les années 1840. C'est un toponyme administratif, catégorie qui se multiplie à Bastia au XIXe siècle à mesure que l'État s'installe dans la ville. Le nom ne vient ni de l'usage, ni d'un saint, ni d'une famille riveraine : il résulte d'une décision. Dans l'usage courant, escalier et jardin se confondent souvent sous le seul nom de Romieu. Les distinguer a pourtant un sens : le jardin occupe le glacis, l'escalier le franchit. Éponyme : Auguste Romieu, préfet de la Corse dans les années 1840 Type de nom : hommage administratif du XIXe siècle Emprise : les anciens glacis de la citadelle Dénivelé franchi : environ trente mètres Nom corse : à confirmer

Deux volées symétriques qui se rejoignent, accrochées à la pente entre le Vieux-Port et la Citadelle. C’est le seul endroit de Bastia où un escalier a été traité comme une œuvre d’architecture plutôt que comme un simple moyen de monter.

Contexte historique

Bastia est une ville d’escaliers. Le site l’impose : une bande côtière étroite, une montagne qui tombe presque dans la mer, et trente mètres de dénivelé entre le port et la ville haute. Partout ailleurs, la ville a répondu par des traverses, ces passages étroits et raides qui coupent au plus court sans souci d’élégance.

Ici, la réponse est différente. L’escalier se dédouble en deux volées symétriques qui s’écartent puis se rejoignent, dessinant une composition en fer à cheval. Ce n’est plus un raccourci : c’est une mise en scène.

Pourquoi ici et pas ailleurs

La raison tient au terrain. Cette pente était le glacis de la citadelle, l’espace que l’on devait garder dégagé devant les remparts pour ne laisser aucun abri à un assaillant. Rien ne pouvait y être bâti.

Quand la fonction militaire de l’enceinte s’efface au XIXe siècle, ce vide devient disponible d’un seul tenant. Là où les traverses de Terra Vecchia se faufilent entre des maisons, l’escalier Romieu disposait d’une page blanche. Il a pu être composé au lieu d’être subi.

Il prend le nom d’Auguste Romieu, préfet de la Corse dans les années 1840, comme le jardin qu’il traverse.

À voir sur place

  • Monter par une volée, descendre par l’autre
    C’est la seule façon de saisir la symétrie. Depuis une seule branche, la composition reste invisible.
  • Le palier de jonction
    Là où les deux volées se rejoignent, arrêtez-vous et retournez-vous. Le cadrage sur le bassin et les deux clochers est calculé.
  • Le pied des remparts
    L’escalier longe la muraille. L’appareil de pierre se voit de très près : on distingue les reprises de maçonnerie successives.
  • Comparer avec une traverse
    Empruntez ensuite n’importe quel escalier de Terra Vecchia. Raide, étroit, sans palier, sans vue. Deux façons de franchir le même dénivelé.
  • Le nombre de marches
    Comptez-les en montant. C’est la mesure la plus concrète de ce qui sépare la ville basse de la ville haute, et de ce qui les a longtemps séparées socialement.

Situer le lieu

Entre le quai sud du Vieux-Port et la Citadelle, dans le jardin Romieu. Montée soutenue, sans accès pour les personnes à mobilité réduite.

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Coordonnées

42.6941 N   9.4514 E

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Sources

Archives départementales de la Haute-Corse Archives municipales de Bastia, aménagement des glacis Relevés et observations sur place À COMPLETER : date d'aménagement de l'escalier ; nombre exact de marches ; auteur du dessin ; forme corse

À vérifier. Les dates et attributions de cette fiche n’ont pas encore été recoupées avec les fonds d’archives.