Rues et places de Bastia

Origine du nom

Le nom est purement descriptif, et il est récent. Il ne devient « vieux » que par opposition au nouveau port, creusé au nord à partir de la seconde moitié du XIXᵉ siècle pour accueillir les navires à vapeur, trop grands pour l'ancien bassin. Avant cela, on parlait simplement du port, ou du port de Cardo — du nom du village de la montagne dont dépendait administrativement le rivage avant la fondation de Bastia. Nom corse : U Portu Vechju Sens : « l'ancien port », par opposition au port neuf Antériorité : mouillage attesté avant la fondation de la ville en 1380

C’est ici que tout commence. Bien avant la citadelle, une anse abritée du sud servait de mouillage aux barques. Le bassin actuel, resserré entre ses quais et dominé par les deux clochers de Saint-Jean-Baptiste, reste le point de vue le plus reconnaissable de la ville.

Contexte historique

Le rivage n’est d’abord qu’une plage de galets où l’on tire les barques. La communauté qui s’y installe dépend des villages de la montagne — Cardo notamment — et vit de la pêche et du cabotage.

En 1380, le gouverneur génois Leonello Lomellini fait édifier sur l’éperon rocheux qui domine l’anse une tour fortifiée, une bastiglia. La ville qui naît à ses pieds prendra le nom de cette bastille. Le port devient alors le débouché naturel de la place forte génoise et le premier point d’entrée de l’île pour Gênes.

Au fil des siècles, les quais se densifient. Les maisons de pêcheurs et de marchands montent en hauteur faute de place au sol : quatre, cinq, six niveaux sur des parcelles très étroites. C’est cette contrainte, et non un choix esthétique, qui produit la silhouette caractéristique du bassin.

Le tournant du XIXᵉ siècle

L’arrivée de la vapeur condamne l’ancien bassin, trop exigu. Le nouveau port se creuse plus au nord, et le Vieux-Port bascule progressivement vers la pêche, puis vers la plaisance et le tourisme. Il conserve de ce déclassement son échelle ancienne, épargnée par les grands travaux portuaires.

À voir sur place

  • L’alignement des quais
    Les façades des quais Gentile et des Martyrs-de-la-Libération : comptez les niveaux, observez la largeur des parcelles. Six étages sur quatre mètres de façade.
  • Les enduits
    Ocres, roses, verts délavés. Les couleurs ne sont pas décoratives : elles servaient à distinguer les immeubles pour les marins qui rentraient.
  • La jetée du Dragon
    Le môle qui ferme le bassin au sud, point de vue frontal sur l’amphithéâtre urbain — le meilleur cadrage de la ville, surtout en fin de journée.
  • Les deux clochers
    Saint-Jean-Baptiste domine tout le bassin. Sa façade est délibérément orientée vers la mer : c’était un repère de navigation.

Situer le lieu

Accessible depuis la place du Marché par la rue Saint-Jean, ou depuis la place Saint-Nicolas en longeant le quai. Comptez cinq minutes à pied de la citadelle par les escaliers.

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Coordonnées

42.6954 N   9.4514 E

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Sources

Archives départementales de la Haute-Corse (délibérations municipales, cadastre napoléonien) Fonds patrimonial de la médiathèque de Bastia Relevés et observations sur place

À vérifier. Les dates et attributions de cette fiche n’ont pas encore été recoupées avec les fonds d’archives.